Histoire du club vu par Francis Auzet

Le doyen du club nous raconte l'histoire du Rugby Club Dignois

 

 

Comment « un Gavot » bon teint a-t-il pu découvrir et s’intéresser à ce jeu alors quasiment inconnu dans « les Basses Alpes » ?

C’était en l’an de grâce… 1950 ! Le samedi soir nous passions chez l’ami Maurice « Maurisset » Béhar, le chemisier des jeunes branchés ! Jouant à l’aile du jeune rugby club Dignois, il me proposait de l’accompagner le lendemain avec l’équipe qui jouait à Salon.

Aux côtés de quelques anciens ayant tâté et tété le ballon ovale du coté de Bézier, Toulon, La Savoie, l’Ariège ou l’Ardèche, plusieurs jeunes dignois avaient été contaminé par le virus ovalien, Linas, les trois frères Rinjonneau. Jean-Marie Guieu, Raymond Chastel, Yves Manent et quelques autres. Il y avait aussi chaque dimanche quelques militaires du 11° B.C.A venant de Barcelonnette.

Le match à Salon n’était pas des plus faciles quand tout à coup, dans la tribune un dignois s’écrie : «  nous avons le ballon ! » le président Paoli demande : «  Qui attaque ? », « C’est Carbonneil. Alors il y a essai ! » Stupéfaction des Salonnais car la ligne était encore loin…

Pierrot Carbonneil n’était pas n’importe qui ! Longiligne, international junior à XIII, le Catalan de Rivesaltes fixait un premier adversaire, cadrage-d’ébord’, contre-pied, accélération, et la terre promise au bout ! Jamais je n’avais connu pareille émotion sportive !

La découverte du Rugby avait été merveilleuse, cet amour, cette passion pour le ballon ovale n’allait plus me quitter...

Cadet, puis junior, j’étais peu à peu intégré à l’équipe tandis qu’une formation débutait au lycée Gassendi avec Roger Pierson.

En 1952, avec « les chasseurs » du 11°, quelques Gapençais, les victoires s’accumulaient dans ce championnat à XIII jusqu’au titre de champion du Littoral et une finale de Provence perdue contre le S.O Avignon à st Ruf.

Mésentente entre dirigeants et entraineur, le départ de nombreux cadres, Digne était montée d’un échelon et malgré une entente avec Manosque des Tricou, Maillet, Zarantin, la saison fut forte pénible annonçant la mise en sommeil.

Il fallut attendre la saison 62-63 pour voir une première équipe renaitre à.. Saint Auban. Une forte belle époque ponctuée notamment par deux victoires sur Nîmes lui aussi débutant et une participation au championnat de France, un match « volé » contre Pont en Royan.

Le rugby creusait son trou dans les Basses Alpes. Cadarache, Sisteron puis Manosque se convertissaient au ballon ovale.

Digne ne tardait pas à repartir en 1967. Matches amicaux contre La Mure, première victoire en championnat de Provence à Marseille contre… les Tramways, quelques belles saisons avec une équipe de copains, puis une blessure au genou. Quelques matches… En Réserve à 40 ans avec ceux qui auraient pu être mes fils et vers la fin des années soixante-dix, Riton Camboulives me confiait l’école de rugby !  J’avais remis un doigt dans l’engrenage, les deux bras et le reste allaient y passer…

J’ai vécu de fort belles années, pris un bain de jouvence au contact de ces jeunes, pleins de qualités et d’enthousiasme.

Je n’irai pas jusqu’à dire que les bons s’en vont et…, mais nous avons vu partir avec joie et regrets à la fois Lionel Conciatore vers Toulon, Rolland Bayle (nice), Stéphane Niego, Cyril Desbats (Nimes), Cyril Rouanet (Bézier), Colas Casalta vers Toulouse et cobien d’autres qui nous ont quittés pour suivre leur famille ou leurs études.

Quelques grands moments de joie avec une équipe Benjamin se mettant en évidence face à Chateaurenard, le SMUC entre autres jusqu’à la cerise sur le gateau, le titre de champion de France Cadet UFOLEP remporté en 1996 à Issoire face à Castelnaudry ! Gilles Villaron, premier selectionné Provence ouvrant la voie à beaucoup d’autres.

Je n’aurais garde d’oublier les deux titre de champion de Provence sénior, trois Coupes de Provence, les finales, les titres glanés par les Juniors, les treizes participation aux championnat de France (qui dit mieux ?), les merveilleux souvenirs du Tournois internnational à VII (nous étions des précurseurs !) et son prolongement à Glasgow et Murrayfield.

De très bons moments à Saint Pierre de Gaubert puis sur le stade Christophe Ménard (un frand vide laissé par le regretté Tétard) et sur de nombreux terrains de Provence et de France. Que du bonheur ! que tous ceux qui ont pris le relais, dirigeants, éducateurs, animateurs on ne peut plus bénévoles, trouvent ici mes encouragements et mes félicitations pour continuer à faire vivre le Rugby dans une région ou ce n’est pas si facile !

Francis AUZET

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